Aux Portes De L'Aurore.
Nos corps formaient une procession désesperéeDans les entrailles d'un ciel qui se déracine.
Avec moi les cris d'ou jaillit l'hémoglobine
Emprisonnent toutes les douleurs hiéroglyphiées.
La geôle d'un éclat d'ambre a déchaîné
Toutes les cosmogonies des confins du Temps,
De Brûlant Au-Delà, des cris cristallisant
Le germe d'un Ether aux lèvres glacées.
O nous avons déchiré des hymens aux cieux,
Des entrelacs de sexes meurtris aux lueurs
Menaçantes, des Aurores endeuillées Heures
Après Heures.
Puissent nos rèves incandescents demeurer silencieux.O ton sordide linceul porte aux rivages
L'errance carnée dans tes yeux noyés
Je broie l'Oubli
Dans un miroir que constellent des cigues brisées.
Nous ne nous souviendrons plus jamais
Des Nuits, des immuables abîmes que fendaient
Des gangrènes habitées, des pâles soupirs foudroyés.
Des volets entrouverts sur les plus noires possessions de l'Ame.
Je n'accepte plus l'enjeu des rèves.
Je suis dans l'éternel.

3 Comments:
Lautréamont alias Isidore Ducasse était un froid moraliste, assez dur, à tendance sadique, sexiste et machiste, parfait réprésentant de la violence du viriarcat. Le paragraphe écrit dans "Poésies" qui commence par "Les perturbations, les anxiétés..." (ici: http://www.maldoror.org/poesies/poesies1.htm) est celui d'un être anti-baudelairien qui manque cruellement de sensibilité ; un type comme Ducasse-Ducon, qui rejette foncièrement le doute et toute expression de sa "faiblesse" me fait froid dans le dos et m'écoeure. Il est mort très jeune de la tuberculose, lui qui méprisait les "poitrinaires"... Belle démonstration qu'à force de ne rester sourd au corps, on en meurt.
quel emmerdeur!
je ne regroupe pas ces écrivains dans la meme catégorie,certainement pas.
Je les aime, bien qu'ils manifestent une écriture différente,des pensées distinctes; mais en tout cas toujours déchirante.
La beauté dans l'atrocité ; hormis Ian Curtis, je ne vois que James Nachtwey pour réussir à exprimer la soufrance avec un tel talent. Cette beauté deviendrais presque indécente si elle ne resultait pas de l' intension noble de témoigner. Curtis et Nachtwey semblent avoir developpé une telle compassion au travers de la douleur humaine expérimentée, voire vécue, que leurs seuls echapatoires consistent en leurs arts respectifs.
Nachtwey nous donne la chance d'ouvrir les yeux sur la condition humaine. Curtis nous offre l'expérience de la douleur en guise de rappel de notre condition humaine.
Si les crétins glorificateurs de martyrs font légions, peu de personne semble apprécier le talent lorsqu'il est encore de notre monde.
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